Un canard mandarin à Laval

Depuis quelques jours, un canard mandarin mâle fait la joie des ornithologues et des photographes. Il s’agit évidemment d’un échappé d’élevage ou d’un canard de compagnie qui s’est enfui. Que sait-on de ce splendide canard?

Texte et photo de Pierre André

Le canard mandarin (Aix galericulata) a été observé sur un étang d’un boisé de Laval, aux abords de la rivière des Mille-Îles. Il appartient au même genre que notre canard branchu (Aix sponsa), avec qui il rivalise de beauté. Tous deux sont arboricoles, recherchant des cavités dans les arbres pour nicher.

À l’état sauvage, le mandarin ne vit pas en Amérique. Il s’agit d’une espèce d’origine asiatique qui se reproduit en Chine, au Japon et dans l’est de la Sibérie, et qui hiverne dans le sud de la Chine et au Japon (Animaldiversity.org). Toutefois, des échappés de captivité se sont établis dans plusieurs pays d’Europe. D’ailleurs en France, le canard mandarin fait partie de la liste des espèces exotiques envahissantes et ce, bien qu’il ne soit pas pour l’instant source de préoccupation (Centre de ressources – espèces exotiques envahissantes).

D’où peut bien provenir le mâle actuellement à Laval? Intéressé à trouver réponse à cette question, je suis parti à la recherche d’une ferme d’élevage de cette espèce à Laval ainsi que dans la région des Laurentides et de Lanaudière. Mes efforts furent infructueux. Si vous en connaissez, je serais heureux que vous m’en parliez. Cependant, un mâle mandarin s’est échappé d’une ferme de Newmarket, en Ontario. Il s’appelle Eddie.

Eddie aurait profité d’un instant d’inattention pour s’échapper et se retrouver la vedette du Fairy Lake Park, comme le rapporte Gregory Strong de la Presse Canadienne (Toronto Star). Les propriétaires ont tenté en vain de le récupérer. L’oiseau aurait profité d’un vol de bernaches pour partir à la conquête du monde.

Il n’est pas possible de démontrer qu’Eddie est le canard mandarin de Laval, comme le souligne d’ailleurs Luca Caruso-Moro de CTV News dans son article du 14 avril 2021. Mais cela n’est pas impossible. Sise au nord de Toronto, Newmarket est située à environ 400 km de Laval, une distance que cette espèce pourrait parcourir en moins de deux jours.

Nous ne saurons probablement jamais s’il s’agit d’Eddie l’aventurier. Toutefois, ce que nous savons, c’est que, peu importe où il se trouve, un mâle de canard mandarin attire les foules, comme par exemple à Burnaby (CTV News) et à Central park (Le Soleil).

À la recherche de cas de troubles de la kératine aviaire (AKD) au Québec

Des pics chevelus au bec démesurément long. Des becs en ciseaux ou aux parties inégales. Plusieurs ornithologues du Québec ont observé des oiseaux au bec déformé. Les causes de ces déformations sont nombreuses. De récentes études ont mis en évidence une cause supplémentaire: le trouble de la kératine aviaire (AKD).

Par Pierre André (biologiste) avec la collaboration de Céline Picard (biologiste) et Jean Bertrand (vétérinaire)
Témoignages et photos de Jean Krashevski, Alexandre Terrigeol, Guy Michaud, Michel Renaud (COHL), Diane St-Georges, Jean-Michel Nadeau, Micheline Bisson, Alain Sylvain, Richard Guillet, Vincent Létourneau, Martin Nobert, Suzanne Maillé, Sophie Bérubé, Lory-Antoine Cantin, Ronald Etline

Les troubles de kératine aviaire

Un bec d’oiseau se compose d’une partie osseuse et d’un tégument. L’ossature comporte une partie supérieure bien soudée au crâne et une inférieure mobile. L’une et l’autre sont jointes par des muscles. Le tégument, fait de kératine, recouvre ces deux parties osseuses. Il croît constamment et, en s’alimentant et frottant son bec pour le nettoyer, l’oiseau l’use, le tout à un rythme favorisant l’équilibre de la structure. Au fil de millions d’années d’évolution, les becs se sont adaptés pour répondre le mieux possible aux besoins des oiseaux. Cela en a diversifié les formes au grand plaisir des amateurs.

Ces becs sont sujets à une diversité de traumatismes et d’infections. Les troubles de kératine aviaire (AKD – Avian Keratin Disorder) préoccupent des chercheurs. Ils se traduisent en des becs longs et souvent déformés. L’épithélium kératinisé croît à un rythme démesuré par rapport à la vitesse à laquelle il s’use.

L’étiologie de l’AKD est mal connue. Si, à la fin des années 1990, les chercheurs soupçonnaient des causes variées comme une infection bactérienne, une mycose, une grippe aviaire ou une séquelle de l’exposition à un contaminant, maintenant leur regard se porte vers le Poecivirus, nommé ainsi en raison de la découverte du premier cas sur une mésange (Pœcile atricapillus). Ils savent encore peu de choses sur ce virus qui n’a jamais été isolé. Grâce à la génomique, les chercheurs ont constaté, en analysant des becs infectés, que les oiseaux affectés présentaient tous une même séquence d’acides aminées (ARN viral), qu’ils ne retrouvaient pas chez les individus sains. En 2020, ils ont diagnostiqué un AKD chez plus de 40 espèces d’oiseaux différentes. En Alaska, la prévalence de l’AKD chez la mésange serait de l’ordre de 6,5%, et chez la corneille d’Alaska (Corvus caurinus), elle atteindrait les 17%. Les experts considèrent, après une dispersion du virus sur la côte Ouest, que cette infection serait présente à l’échelle nord-américaine. L’AKD existe également en Europe avec plus de 30 espèces touchées au Royaume-Uni.

Petit répertoire québécois

Ce répertoire est en construction dans le but de documenter les cas possibles d’AKD au Québec. Évidemment, en aucun cas, nous ne sommes en mesure de confirmer que ces déformations sont liées au Poecivirus. Pour cela, comme me le faisait remarquer Stéphane Lair, il faudrait procéder à des analyses pathologiques.

Vous pouvez toujours nous soumettre vos observations.

Avertissement – Ces photos pourraient déranger certaines personnes. Âmes sensibles s’abstenir.

Pour rapporter un oiseau possiblement infecté, mort ou vivant, le vétérinaire Stéphane Lair suggère de rejoindre le Réseau canadien pour la santé de la faune. Cherchez le centre régional le plus proche à l’adresse : http://www.cwhc-rcsf.ca/

Février 2021 à Chertsey (Lanaudière). Céline Picard et Jean Krashevski reçoivent la visite quotidienne à leur mangeoire d’un pic chevelu mâle au bec démesurément long, digne de la tirade de Cyrano. En fait, le bec est si long que la langue de l’oiseause se rend à peine au bout. Cyrano peine à s’alimenter. D’autres pics chevelus mâles semblent plus agressifs envers lui qu’envers leurs congénères.

Pic chevelu – Chertsey – Début février 2021

Janvier 2021 dans les Laurentides. Stéphane Lair de la Faculté de médecine vétérinaire a recueilli le témoignage de la présence d’une sittelle à poitrine rousse au bec déformé, observation qui lui fut rapportée par Julie Leclerc.

23 janvier 2021 à Marieville (Montérégie) Lory-Antoine Cantin a photographié ce Junco ardoisé à ses mangeoires. « Il s’alimentait quand même bien », nous dit Lory.

Janvier 2021 à Brébeuf (Laurentides) « Un pic chevelu mâle avec un bec anormalement long a été observé aux mangeoires de Martin Nobert le 1er janvier et revu régulièrement jusqu’au 6 février. Selon les photos transmises le même oiseau a été vu le 6 février à 8 h 20 chez Suzanne Maillé et à 10h30 chez Martin Nobert. Entre les deux résidences, il y a une distance de 1,8 km et la rivière Rouge », nous a rapporté Michel Renaud.

Septembre 2020 à St-Michel-des-Saints (Lanaudière) Tout au long de l’automne, José Gagnon et Alain Sylvain observent à leurs mangeoires une sitelle à poitrine rousse différente des autres. Alain la décrit ainsi: Non seulement son bec était disproportionné, mais l’oiseau aussi nous semblait plus gros que ses congénères et elle était très agressive envers ces derniers.de forte taille par rapport aux autres. Son bec est plus long que normal. L’individu est aussi plus agressif.

8 juillet 2019 à Montréal (Montréal) Jean-Michel Nadeau a photographié au Parc des Rapides-de-Lachine un carouge à épaulettes. Le bec est vraiment un peu plus long, dit-il.

Carouge à épaulettes – Montréal – 8 juillet 2019

3 février 2019 à Trois-Rivières (Mauricie) Micheline Bisson photographie une sittelle à poitrine blanche. Le 20 mars 2013, c’était un étourneau sansonnet et le 23 avril 2007, une tourterelle triste. Tous ces oiseaux présentaient des malformations du bec.

Sittelle à poitrine blanche – Trois-Rivières – 3 février 2019
Étourneau sansonnet – Trois-Rivières – 20 Mars 2013
Tourterelle triste – Trois-Rivières – 23 avril 2007

2 avril 2017 à Québec (Capitale-nationale) Alexandre Terrigeol a observé durant tout l’hiver au Bois-deCoulonges une paruline à croupion jaune avec la mandibule supérieure passablement cassé et la mandibule inférieure allongée.

Paruline à croupion jaune – 2 avril 2017 – Québec

10 décembre 2015 à Mont-Laurier (Laurentides) Michel Renaud se rappelle qu’une dame a rapporté au COHL, une Sittelle à poitrine rousse qui avait un bec 2X à 2.5X la longueur habituelle. La dame le comparait à un bec de colibri.

Mai 2015 à Ste-Flavie (Bas-St-Laurent) Guy Michaud a rapporté des oiseaux photographiés par Sophie Bérubé: un étourneau sansonnet en mai et, en mars, une tourterelle triste, tous les deux au bec déformé.

11 octobre 2014 au Parc National du Mont-Tremblant (Laurentides) Michel Renaud a observé lac Monroe un plongeon huard avec un bec « en ciseau, gauche – droite ». Il rapporta l’observation sur eBird – feuillet S20332243

22 janvier 2012 à Amherst (secteur Vendée) (Laurentides) Le COHL a reçu ces photos prises par Ronald Etline d’une sittelle à poitrine rousse avec un bec long et croisé. Merci à Michel Renaud de nous avoir transmis l’information.

Janvier 2011 à Harrington (Laurentides). Michel Renaud s’est rappelé l’observation de Diane St-Georges. Cette dame avait rapporté un pic chevelu femelle au bec super long. Lucie Brossard rédigea un petit article dans le journal du Club ornithologique des Hautes-Laurentides.

Extrait d’un article de Lucie Brossard publié dans le journal du COHL

Le Centre de la science d’Alaska (USGS) a débuté en 1999 des recherches sur une épidémie d’oiseaux au bec difforme. Ils ont identifié en Alaska plus de 2,000 mésanges à tête noire qui sont affectées par cette anomalie. C’est la plus grande concentration de cette anomalie jamais enregistrée parmi toutes les populations d’oiseaux au monde. Plus récemment, des biologistes et les résidents ont rapporté un nombre croissant d’espèces d’oiseaux, autre que la mésange, ayant le bec croisé ou llongé tels que des corneilles d’Alaska, des pics mineurs, des geais de Steller et des pies bavardes.
Bien que les causes de ce problème ne soient pas encore connues, l’USGS continue ses recherches afin de découvrir les sources potentielles qui pourraient être des contaminants environnementaux, des déficiences nutritionnelles ou la maladie. La plupart des espèces affectées sont des résidents permanents et l’USGS soupçonne que les facteurs responsables de ces difformités soient uniques à l’Alaska et au Nord-Ouest du Pacifique. Les mentions reçues du public les aident énormément.
Pic chevelu femelle – Harrington – Janvier 2011

Vous avez dit Iceland Gull ? Petite histoire du nom anglais du Goéland arctique

D’où vient le nom anglais du Goéland arctique, Iceland Gull ? Cette épithète de localisation laisse croire que l’espèce est indigène à l’Islande, alors que nous savons qu’elle occupe l’Arctique et niche dans le grand Nord canadien et au Groenland.

Texte et recherche : Pierre André, avec la collaboration de Gaétan Duquette et Normand David
Photo : Luc Laberge

Quand nous regardons la liste des noms en différentes langues, les qualificatifs arctique, polaire et du Groenland sont nettement plus fréquents (Avibase). En Islande, il s’agit d’un visiteur hivernal qui accueillerait environ 10 % de la population (Birdsoftheworld.org). D’ailleurs, dès 1822, Faber écrit dans ses notes sur les oiseaux d’Islande, que cette espèce est présente sur ses côtes de septembre à avril. Alors, d’où peut bien venir ce nom anglais? Nous vous proposons un petit voyage dans le temps, mais avant, voici l’actuelle situation de cette espèce.

La situation aujourd’hui

L’American Ornithologists’ Union (AOU) regroupe sous le nom de Larus glaucoides Meyer, B. 1822, les sous-espèces Larus glaucoides glaucoides, L. glaucoides kumlieni et, depuis 2017, L. glaucoides thayeri. Par ailleurs, en 1922, l’AOU adoptait le nom de Larus glaucoides Meyer 1822 en remplacement de L. leucopterus Faber, en raison de la confusion causée par Vieillot qui utilisait ce nom comme synonyme de L. hyperboreus, le Goéland bourgmestre. Si Faber était le premier à avoir décrit cette espèce, Meyer en était le second, c’est ce que souligne B.C. Oberholser dans la publication faisant état de la Seventh Annual List of Proposed Changes in the A.O.U. Check-list of North American Birds (dans The Auk).

Iceland Gull – À la quête de l’origine 

En 1906, Dionne mentionne Larus leucopterus, Goéland à ailes blanches, Iceland Gull dans Les oiseaux de la province de Québec. En France, ce nom est toujours employé officiellement pour cette espèce (Faune de France).

En 1886, dans la première édition de The Code of Nomenclature and Check List of North American Birds, l’AOU répertorie L. leucopterus Faber (1822), dont le nom anglais est déjà Iceland Gull.

En 1835, dans American Birds, Audubon appelle le Goéland arctique, White-winged Silvery Gull. Son nom scientifique est alors L. leucopterus.

En 1823, dans un article intitulé, Notice of a Specimen of Larus eberneus, or Ivory Gull, Shot in Zetland; and further Remarks on the Iceland Gull (publié dans Memoirs of the Wernerian Natural History Society– Laurence Edmonston attribue le nom de L. Islandicus au Lesser Iceland Gull, en opposition au Goéland bourgmestre, Greater Iceland Gull. Il propose alors de transférer le nom de L. islandicus, qu’il avait d’abord attribué au bourgmestre, au plus petit, et donc à l’actuel G. arctique. Il justifie ce changement en raison du fait que les pêcheurs au large des îles Shetland (Zetland), appartenant à l’Écosse et située à environ 800 km au large de l’Islande, attribuaient eux-mêmes ce nom à cette espèce.

En 1822, Friedrich Faber, dans ses notes préliminaires sur les oiseaux d’Islande, Prodromus der islaendischen ornithologie oder geschichte der vögel Islands, fut le premier à décrire L. leucopterus. (p. 91). Cette même année, Bernhard Meyer fut le second à le décrire. Tous les deux ont publié en allemand, sans mention du nom anglais.

Enfin, en 1804, l’espèce est absente du livre intitulé, History of British Birds (vol. 2) de T. Bewick.

Et l’origine probable est…

Ainsi, il est probable que le nom de Iceland Gull vienne des pêcheurs au large des côtes des îles Shetland et de l’Islande, un nom qu’ils conféraient, selon Laurence Edmonston, à cette espèce plus petite que le Goéland argenté, au cri typique, au vol caractéristique et qui n’était pas farouche. Ce nom serait antérieur à 1823, année où il fut consacré, en latin, Larus islandicus par Edmonston. Par ailleurs, la première mention de cette espèce, nommée alors L. leucopterus – sans référence au nom anglais – apparait en 1822 dans la liste des oiseaux d’Islande de Friedrich Faber. Les noms de L. islandicus comme L. leucopterus sont tous les deux disparus au profit de L. glaucoides. Si les noms scientifiques évoluent avec les analyses et les découvertes taxonomiques, les noms communs eux semblent bien plus résister au changement.

Un harle dans la famille Branchu

Un caneton de harle couronné membre d’une famille de canard branchu? Mais diantre, qu’a-t-il bien pu se passer?

Texte de Pierre André.
Photos de Pierre André et Luc Laberge.
Témoignages: Bernard Dugas et Donald McCutcheon (incl. photo)

Le 5 juillet 2019, journée maussade sur le Sentier des étangs à Saint-Donat dans Lanaudière. Le ciel est couvert. La pluie tombe par intermittence. Beau temps pour les canards! Sur l’étang principal, des groupes familiaux d’Anatidés sillonnent l’eau calme. Une fuligule à collier plonge avec ses petits, tout comme la garrot à œil d’or. Les canes colvert arpentent les berges avec leur lot de canetons. Les canes branchu se promènent. Une n’a qu’un caneton, une autre en a huit. Un petit groupe familial attire notre attention (photo en rubrique). Quatre canetons suivent madame Branchu et, parmi eux, un intrus… un jeune harle couronné. Un plongeur parmi des barboteurs. Comment cela a-t-il bien pu arriver? L’hypothèse la plus probable: une femelle de harle couronnée a pondu un œuf – ou plusieurs – dans une cavité occupée par une femelle Branchu. Certains qualifie cette pratique de parasitisme.

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Texte de Pierre André.
Photos de Pierre André et Luc Laberge.
Témoignages: Bernard Dugas et Donald McCutcheon (incl. photo)

Le 5 juillet 2019, journée maussade sur le Sentier des étangs à Saint-Donat dans Lanaudière. Le ciel est couvert. La pluie tombe par intermittence. Beau temps pour les canards! Sur l’étang principal, des groupes familiaux d’Anatidés sillonnent l’eau calme. Une fuligule à collier plonge avec ses petits, tout comme la garrot à œil d’or. Les canes colvert arpentent les berges avec leur lot de canetons. Les canes branchu se promènent. Une n’a qu’un caneton, une autre en a huit. Un petit groupe familial attire notre attention (photo en rubrique). Quatre canetons suivent madame Branchu et, parmi eux, un intrus… un jeune harle couronné. Un plongeur parmi des barboteurs. Comment cela a-t-il bien pu arriver? L’hypothèse la plus probable: une femelle de harle couronnée a pondu un œuf – ou plusieurs – dans une cavité occupée par une femelle Branchu. Certains qualifie cette pratique de parasitisme.

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